jeudi 21 juin 2007

Après le quatrième rapport du GIEC ...






le G8 d'Heiligendamm a donné le cap pour 2050.

lundi 30 avril 2007

Raréfaction des hydrocarbures et contrainte carbone: une nouvelle donne pour les technologies énergétiques

vendredi 13 avril 2007

Les instruments économiques pour les énergies renouvelables et la réduction des émissions

Interview pour Gaz de France dans le cadre du


mercredi 11 avril 2007

Quelle politique carbone en France et en Europe ?

Interview par Patrice Hernu

mercredi 21 mars 2007

20 + 20 = 20 en 2020 ou ...

Energie: vers l'Europe des projets ?


jeudi 1 mars 2007

Pour le "Facteur 4"

Entretien pour l'Usine à GES, N° 30 Février 2007


UàGES: Le salut climatique passe par une division par 4 des émissions de GES dans les pays industrialisés. Les instruments économiques peuvent-ils nous aider à atteindre cet objectif ?

Patrick Criqui : Il faut bien distinguer les politiques volontaires de type Facteur 4 et les changements qui découleront de toute façon de la raréfaction progressive du pétrole et du gaz, à laquelle devront s’adapter les systèmes énergétiques de l'Europe occidentale comme des autres régions du monde. D’où les risques qui découlent d'un report massif vers d'autres sources d'approvisionnement en énergie.

UàGES: Vous pensez au charbon ?

Patrick Criqui : Son utilisation progresserait dans la production d’électricité, mais pas seulement. On envisage aussi d’utiliser le charbon pour produire du carburant liquide. Et si les Etats-Unis poursuivent l’objectif – annoncé par George Bush dans son discours sur l’état de l’Union – de réduire de 20% en dix ans la consommation de pétrole, ils ne pourront pas faire autrement, en plus du renforcement des normes et du recours à l’éthanol, que d’utiliser massivement le charbon.

UàGES: Ce qui accroîtra les émissions de CO2.

Patrick Criqui : Evidemment. À l’échéance de 2050, on prévoit, dans les scénario sans politiques climatiques, un doublement de la consommation d’énergie. Cela conduit inévitablement, et même si les parts des énergies renouvelables et du nucléaire progressent, à plus qu’un doublement de la consommation mondiale de charbon. Et donc des rejets carbonés dans l’atmosphère. Ce qui nous entraîne tout droit vers des trajectoires de concentration de CO2 dans l’atmosphère de l’ordre de 900 ppmv. Nous entrerions alors dans une zone extrêmement dangereuse pour le climat global. En résumé, les scenarii d'ajustement d'adaptation à la raréfaction des hydrocarbures nous conduisent à accroître notre consommation de charbon, et donc à une augmentation inacceptable de la concentration du dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

UàGES:Les économistes entrevoient-ils un autre scénario ?

Patrick Criqui : La mise en route du protocole de Kyoto et de ses déclinaisons nationales, comme le Plan Climat 2004 en France, sont un bon début. Mais cela n’est que la première phase d’une grande mutation à accomplir. Il reste encore à mettre en œuvre les outils et les mesures qui permettront de changer profondément et durablement les comportements comme les technologies.

UàGES: Et que nous prescrit la science économique ?

Patrick Criqui : La boîte à outil des économistes nous a déjà fourni – avec ce qu’on appelle les « instruments économiques pour l’environnement » – les dispositifs de flexibilité pour la réduction des émissions, dont le plus célèbre en Europe est le marché des quotas d’émissions. C’est un premier pas important puisqu’il couvre déjà la moitié des émissions de l’Union et que certains Etats américains réfléchissent à des dispositifs proches. Il devrait aider l’industrie lourde et le secteur électrique des pays industrialisés à faire les bons choix d’investissements. Mais cela ne suffira pas.

UàGES: Pour quelle raison ?

Patrick Criqui : Parce que, s'il est théoriquement possible de distribuer des permis échangeables à tous les émetteurs de GES dans les sources diffuses, la mise en œuvre serait probablement très difficile. Il faut donc trouver d’autres systèmes pour les émissions des bâtiments et des transports, comme la taxe sur les émissions de CO2.

UàGES: De combien le prix de l’essence doit-il augmenter ?

Patrick Criqui : On ne fera pas évoluer les comportements si les prix des carburants et des combustibles n’augmentent que de manière modérée, disons de 20% à 30% en 50 ans. Ce n’est pas réaliste. D’autant, qu’à terme, les hausses de prix seront compensées, par la diminution de la consommation des véhicules et des systèmes de chauffage. Pour atteindre un objectif de type Facteur 4, le seul efficace sur le plan climatique, il faut appliquer une taxe de lutte contre le changement climatique (TLCC) différenciée qui, en ordre de grandeur, ferait doubler le prix de l’énergie dans tous les secteurs d’activité. Il faut donc imaginer un doublement du prix de l'essence en 2050. Cela n'est pas inconcevable si l'augmentation est programmée.

UàGES: La fiscalité, seule, suffira-t-elle ?

Patrick Criqui : Bien sûr que non. Mais elle constituera un élément essentiel pour le déclenchement des ruptures technologiques et des changements de comportement, dans toutes les activités économiques. Ce n'est donc pas une condition suffisante, mais c'est une condition nécessaire de la grande mutation que nous devons engager.

dimanche 4 février 2007

L'Europe est déjà engagée dans une stratégie globale "énergie et climat"

lundi 29 janvier 2007

Question 5 dans l'article sur la réunion du Groupe 1 du GIEC à Paris: "les scientifiques enfoncent le clou"

publié dans Libération le 29 janvier 2007


Q.: Les scénarios du Giec sont-ils réalistes ?
R.: Le rapport spécial du Giec pour les scénarios d'émission de CO2 a permis d'explorer le futur de la consommation d'énergie et des émissions associées, en jouant des principales incertitudes pour faire apparaître des images contrastées. Il s'agissait d'identifier les futurs possibles, sans se prononcer sur leur probabilité d'occurrence. Dans ce rapport, les scénarios sont construits "sans politiques" et conduisent en 2050 à une multiplication des émissions mondiales par deux dans le meilleur des cas, et par quatre dans le pire. Avec de tels niveaux d'émission, le changement climatique à attendre est considérable, au moins une augmentation de 4°C des températures à long terme. On a reproché à ces scénarios d'exagérer la croissance de l'économie et des émissions mondiales, afin de dramatiser la situation et de justifier des politiques fortes de réduction des émissions. Or, les prospectives conduites selon une autre démarche, qui consiste au contraire à tenter de construire un jeu d'hypothèses cohérentes pour un scénario "central", confirment l'importance du danger : si rien n'est fait, le développement du système énergétique mondial conduira à une raréfaction progressive du pétrole et du gaz et donc à un grand retour du charbon, qui soutiendra le doublement des émissions en 2050. Seules des politiques très vigoureuses de réduction des émissions permettront donc au système énergétique mondial d'éviter de tomber de Charybde en Scylla : du risque d'épuisement du pétrole dans le risque climatique massif.

Europe: sa politique climatique menace-t-elle sa compétitivité ?

jeudi 4 janvier 2007

Une autre croissance

Version révisée avec Alain Grandjean et Jean-Marc Jancovici

dimanche 10 décembre 2006

mercredi 15 novembre 2006

Le rapport Stern et la relance des politiques climatiques

dimanche 15 octobre 2006

Comment anticiper le long terme ?

interview à deux voix avec Andrew Dessler

mardi 10 octobre 2006

Les instruments économiques des politiques de réduction des émissions

video de la conférence du 7 octobre 2006 au CRDP Grenoble

"Réflexions pluri-disciplinaires sur les politiques climatiques"


vendredi 15 septembre 2006

Oui à une autre croissance, non à la décroissance !

avec Alain Grandjean

jeudi 15 juin 2006


Environnement global : pour une Taxe de Lutte contre le Changement Climatique (TLCC)

avec Alain Grandjean

mardi 15 novembre 2005


Les scénarios d’émission de gaz à effet de serre


préparé pour le rapport Greenpeace sur le Changement Climatique


jeudi 30 juin 2005


Video de l'intervention du lundi 26 septembre 2005, lors de la conférence

"Energie et Climat, Aurons nous le temps ?"

dans le cadre de l'Année Internationale de la Physique

Les instruments économiques pour les politiques climatiques

jeudi 16 septembre 2004

Il faut sauver le protocole de Kyoto

avec Richard Baron

publié par La Tribune et l'IDDRI

lundi 12 avril 2004

A quand le pétrole à 50 dollars le baril ?


Le prix du pétrole est aujourd'hui à 40 dollars le baril, alors que depuis 1986 il était resté, en moyenne annuelle, dans une fourchette de 20 à 30 dollars. La hausse est-elle conjoncturelle, fruit de la situation en Irak et d'une demande américaine et asiatique vigoureuse ou reflète-t-elle plutôt un déséquilibre structurel du marché pétrolier et l'insuffisance des capacités de production ? Pire, cette hausse ne serait-elle pas l'annonce du "peak oil", ce pic de production mondiale redouté, que certains prévoient pour demain ?

Fourchette

Les différentes études menées pour le département de l'Energie américain, l'Agence internationale de l'énergie ou la Commission européenne indiquent pourtant que jusqu'à 2030 l'approvisionnement mondial pourrait être assuré à des prix modérés. Ces études conduisent cependant à une fourchette de 25 à 40 dollars le baril : la différence n'est donc pas négligeable. D'autre part, il ne faut pas faire dire aux scénarios plus qu'ils ne prétendent. Les modèles économiques ne peuvent saisir toute la complexité du monde. Ils se contentent de décrire une évolution possible, où priment les variables fondamentales de l'économie et dont sont exclus les obstacles politiques et a fortiori les crises majeures. Dans ce cadre d'hypothèses, l'industrie pétrolière serait en effet capable d'assurer pour les vingt prochaines années un approvisionnement régulier. Les scénarios de prix modérés sont donc possibles, mais ce ne sont pas pour autant les plus probables.

A court terme tout d'abord, les capacités pétrolières sont menacées par la crise irakienne et par des actes de terrorisme dans les pays du Golfe. Les Etats-Unis ne sont sans doute pas intervenus en Irak pour directement "mettre la main" sur les réserves pétrolières. Leur grand dessein était plutôt d'imposer une normalisation de l'Irak et, par contagion, de la région afin en particulier de créer les conditions d'un accès au pétrole qui serait régi plus par l'économie et moins par la politique. Le moins qu'on puisse dire est que, plus d'un an après, ce grand dessein n'a pas abouti et que les risques terroristes n'ont pas été réduits, au contraire. En cas d'attaque sur des installations pétrolières, le pétrole pourrait repasser immédiatement la barre des 50 dollars le baril, niveau qui avait été atteint entre 1979 et 1985.

Ensuite pour les dix à vingt prochaines années, les études prospectives font apparaître un autre défi : celui du nécessaire doublement des capacités de production des pays de l'Opep. Historiquement, l'organisation n'a jamais produit durablement plus de 30 millions de barils/jour. Or les projections s'accordent pour indiquer que, sous la poussée de la demande des pays émergents, ce chiffre devra être doublé d'ici à 2030. Ce doublement serait possible en termes techniques et économiques, compte tenu des faibles coûts de développement. Mais il impliquerait un retour massif des compagnies internationales, une ouverture de l'accès aux ressources et des flux d'investissement très importants, même s'ils sont très rentables. On peut une fois de plus imaginer un état du monde dans lequel ce retour des compagnies serait réalisable. Mais on peut plus facilement encore identifier des configurations - de l'enlisement en Irak au développement d'une crise politique en Arabie Saoudite, en passant par des crises israélo-palestiniennes récurrentes - qui remettraient en cause les conditions de stabilité requises pour des investissements massifs dans la région du Golfe. Ce serait alors par insuffisance des capacités de production que le prix du pétrole repasserait la barre des 50 dollars.

Enfin, à supposer que les écueils du court et du moyen terme puissent être évités, reste posée la question du "peak oil" : un pic pétrolier mondial surviendra lorsque plus de la moitié des ressources récupérables de pétrole aura été produite ; on verra alors la production conventionnelle se stabiliser puis décliner, inexorablement. Ce pic est-il pour 2005 comme l'annoncent les plus pessimistes, ou seulement pour au-delà de 2050 ? Les thèses sont exprimées de manière d'autant plus péremptoire qu'elles sont contradictoires. Si l'on prend en compte le progrès technique dans la récupération et la possibilité de mobiliser les hydrocarbures non conventionnels, on peut penser que le "peak oil" n'est pas pour demain ; il se produira cependant avant 2050. Il faudra donc, dans les prochaines décennies, avoir trouvé les technologies de remplacement au pétrole. Or la maîtrise de la demande dans les transports, le développement massif des carburants de remplacement ou encore celui du vecteur hydrogène demanderont des prix élevés, sans doute au-delà de 50 dollars.

Défi majeur

Comme on le voit, la question n'est pas de savoir si le pétrole repassera au-dessus de 50 dollars, mais quand et dans quelles conditions, lors d'une crise géopolitique aiguë ou lors d'une "grande transition" vers une société de l'après-pétrole. Pour les décideurs politiques il s'agit donc de définir quels efforts entreprendre pour limiter les coûts de l'ajustement. Compte tenu de l'importance du pétrole dans les économies modernes, de l'inertie dans les comportements de consommation et de la durée de vie des infrastructures, mieux vaudrait par précaution agir le plus tôt possible.

D'autant qu'un autre défi majeur invite à limiter de manière radicale le recours aux énergies fossiles : celui du changement climatique. Une politique active dans ce domaine serait d'ailleurs peut-être la seule voie pour que, finalement, le prix du pétrole ne s'établisse pas... au-dessus de 50 dollars le baril.